Adapter un livre à l’écran : 30 minutes pour convaincre

A l’occasion du 33ème Salon du livre à Paris, la Société Civile des Editeurs de Livres Français (SCELF) a organisé vendredi 22 mars, des rencontres entre les représentants des maisons d’édition et des producteurs de films. Un rendez-vous immanquable pour les professionnels, pour qui ces rencontres sont l’opportunité de voir un livre adapté en un télé-film ou même au cinéma.

La scène a des allures de speed-dating dans cet espace professionnel du Salon du livre. Une centaine de tables sont réparties dans toute la salle, et les gens enchaînent les tête-à-tête de 10h à 19h. En réalité, on parle plutôt affaires. C’est en 2008 que la SCELF a eu l’idée d’organiser des rencontres entre les éditeurs et les producteurs pour faciliter la création de films adaptés de livres. Forte de son succès, cette initiative a trouvé progressivement sa place au Salon du livre, et a vu le nombre de rendez-vous augmenter d’année en année.

« C’est un événement qui s’installe réellement. De 680 rencontres organisées en une matinée en 2012, nous sommes passées à 760 cette année, explique Nathalie Piaskowski, la directrice générale de la SCELF. L’idée est de faire se rencontrer deux univers qui peuvent être complémentaires. Les livres sont une vraie source d’inspiration pour l’audiovisuel français ». 76 éditeurs et 200 producteurs ont sollicité la SCELF pour participer. Chaque maison d’édition a choisi cinq œuvres à présenter aux producteurs. Ces derniers ont ensuite pu prendre rendez-vous avec les éditeurs, en fonction des livres qui les ont le plus attirés. Les professionnels disposent de trente minutes pour prendre contact. Top Chrono.

Au diable vauvert, une maison d’édition indépendante créée en 2000.

Au diable vauvert, une maison d’édition indépendante créée en 2000.

  « L’intérêt, c’est avant tout de se créer un réseau »

Philippe Vieille participe pour la première fois aux rencontres de SCELF de l’audiovisuel. Il a créé sa propre maison d’édition, Le souffle court , il y a quatre ans. Il a choisi de ne proposer qu’un seul livre à l’adaptation.

Pour lui, être présent parmi des les plus grands du milieu est une chance : « On est une petite maison d’édition qui regroupe une cinquantaine d’auteurs. On est de Grenoble en plus, alors on a très peu de contacts. Ici, c’est un bon moyen de nouer des relations avec des producteurs ».

OPA sur le Mammouth, le livre que Philippe a choisi de proposer aux producteurs se prête, selon lui, parfaitement à l’adaptation car il est écrit comme un journal. « En plus, il est question d’un thème d’actualité, l’école », précise-t-il. Une table plus loin, Carole Bernière qui représente l’agence de production Señorita Films, était déjà venue à la première édition.

Même si aucun projet d’adaptation n’a vu le jour suite à ses rencontres, elle tient à entretenir de bonnes relations avec les éditeurs car « on ne sait jamais ! ». Tandis que la productrice s’en va vers une autre table, celle-ci préfère que l’entretien reste privé. On n’en saura pas plus sur le contenu de la conversation.

Un processus long et complexe

« Les contrats d’adaptation ne se font pas le jour même », précise Elise Griffon, responsable de la communication à la SCELF. Une fois que les deux parties ont discuté de leur vision de l’adaptation, et s’il y a bonne entente, l’éditeur et le producteur continuent de se voir et chacun d’entre eux va défendre sa vision du projet. Ils négocient un contrat d’option, dans lequel producteur, éditeur et auteur transposent l’histoire du livre en scénario. Cette phase est la plus compliquée, car elle doit convenir à tout le monde, c’est pourquoi elle dure, en moyenne, entre 12 et 18 mois. Si l’option est « levée », le droit de cession entre la maison d’édition et le producteur peut s’opérer, et le film être réalisé.

Néanmoins, les questions financières demeurent une zone d’ombre. En effet, il semble difficile d’établir le coût d’une adaptation puisque cela reste très variable : « le prix de la cession des droits d’adaptation dépend de la notoriété du livre, et s’il s’agit d’une adaptation au cinéma  ou en série télévisée par exemple », ajoute Elise Griffon.

Après quelques rendez-vous enchaînés, la productrice Carole Bernière n’a toujours pas eu de coup de cœur pour un livre. Cependant, elle a une idée très précise du genre de livre qu’elle aimerait adapter : « plutôt quelque chose de léger, comme une comédie. On veut une histoire qui se passe à l’étranger aussi. » L’éditeur Philippe Vieille, lui, est plutôt satisfait de ses rencontres de la matinée. Il a prévu de revoir deux producteurs et se prend à rêver de voir un jour, le titre du livre à l’affiche.

Le top 10 des adaptations qui ont le plus marché en France en 2012

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