Conseil municipal de Colombes : baisse du budget mais refus de l’austérité

Le conseil municipal de colombes. Crédit : mairie de Colombes.

Philippe Sarre, maire (PS) de Colombes, a annoncé l’orientation budgétaire de sa ville pour 2013, lors du conseil municipal mercredi 27 février. Face à une opposition très remontée, la majorité a martelé son « refus de l’austérité pour les Colombiens » et affirme vouloir mener les projets engagés à terme.  

Les élus d’opposition attendaient avec impatience, discours rôdé sous la main, l’annonce de l’orientation budgétaire de leur ville. Et ils ont eu tout le loisir d’envoyer leur lot de brimades. Cinq jours après l’annonce du déficit public de la France à 3,7% au lieu des 3% visés par François Hollande, Maurice Lobry, premier adjoint au maire de Colombes, a maintenu son « refus de l’austérité pour les Colombiens. » Il s’est montré optimiste face à la « crise profonde » que doit affronter la France, présentant les collectivités comme « principaux moteurs de la croissance pour la France. » Pas question donc de faire une croix sur les investissements engagés par la ville : « Nous maintenons le cap d’investir et ne taxerons pas les ménages », a insisté le maire adjoint, rappelant le départ regretté de la filiale du groupe d’électronique Thales et de ses 3 500 salariés l’été dernier.

Un bâton tendu à Nicole Gouéta, l’ex-maire UMP, qui n’a pas hésité pas à frapper Philippe Sarre : « Avec moi, les entreprises s’installaient, avec vous, elles partent », a-t-elle déclaré, sous de vives  protestations. Au lieu de revenir sur les raisons de ce départ, soit une implantation « inadaptée aux nouvelles méthodes de travail et trop coûteuse » selon Thales, le maire a préféré rappeler « l’offre de compensation de l’Etat à la ville », sans toutefois préciser le montant de cette compensation. Autre note positive : la majorité mise sur une croissance de 2% de la ville par an entre 2013 et 2016.

Plus d’un million d’euros d’économies

Un objectif très optimiste qui a laissé l’opposition plus que sceptique : « comment honorer vos prérogatives en refusant de taxer, en continuant à donner aux associations, et en investissant toujours autant en équipements ? », s’est enquit la droite, avant de rappeler la baisse de dotations de l’Etat aux collectivités de 4,5 milliards d’euros, entre 2012 et 2017.

L’année dernière, le budget de la ville s’élevait à 244 millions d’euros. En 2013, Colombes se serre la ceinture, comme la plupart des communes. « L’Etat n’assume plus sa dette, alors c’est aux collectivités de se débrouiller pour se financer », accuse l’opposition. Ce qu’a reconnu Maurice Lobry : « l’aide aux collectivités sera de 1,5 milliards d’euros entre 2014 et 2015. Cela représente une baisse annuelle de 1 à 1,3 millions d’euros dans le budget de la ville. » À cette difficulté s’ajoute l’impact du système de péréquation sur Colombes. La ville est en effet contrainte de verser 890 000 euros en 2013 aux villes de son intercommunalité les plus défavorisées, pour lutter contre les inégalités. Ce montant s’élevait à seulement 370 000 euros en 2012.

La jeunesse prioritaire

Les priorités de la ville cette année concernent la jeunesse, et « l’aboutissement de projets en cours » dans les domaines du renouvellement urbain (17 millions pour la rénovation urbaine du quartier des Fossés-Jean, la piétonisation de la rue Saint-Denis, la construction du groupe scolaire dans l’éco-quartier de la Marine… ), l’entretien des immeubles, terrains et autres bâtiments de la ville (18 millions), la culture (5 millions pour la rénovation de la médiathèque de la Marine et du cinéma). Au total, la facture s’élève à environ 63 millions d’euros. « Vous avez fait le service minimum ! », a résumé Lionnel Rainfray, ancien président du groupe d’opposition UMP, dénonçant un « budget opaque et incohérent ». Il a vigoureusement critiqué le manque d’ « actions concrètes » notamment « pour les jeunes issus de l’immigration », sans toutefois étayer ses propos.

La ville prévoit de réduire son budget de fonctionnement. C’est donc le personnel de la ville qui est visé. La droite a reproché « l’absence de valorisation  des agents » et « son impact sur les Colombiens.» Une remarque qui « sent bon le parfum de campagne électorale » pour 2014, a ironisé Philippe Sarre.

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