Un label pour protéger l’agriculture africaine

Au Salon de l’Agriculture, dans le pavillon « Agricultures & délices du monde » les expositions africaines battent leur plein. Les professionnels du secteur se réjouissent que leurs produits puissent désormais bénéficier du label Indication géographique protégée (IGP).

Le continent le plus pauvre au monde au niveau économique est l’un des plus grands exportateurs de denrées agricoles. Pour l’aider à se positionner sur des segments de marché qui lui rapporteraient plus de bénéfices, l’IGP (l’Indication géographique protégée), un label dont peuvent désormais bénéficier les producteurs africains, donne la possibilité de vendre plus cher un produit reconnu comme unique et dépendant d’un savoir-faire local inimitable.

Trois produits africains, le poivre de Penja et le miel d’Oku, produits au Cameroun, ainsi que le café Ziama-Macenta, produit en Guinée, sont sur le point d’être labélisés par l’OAPI (l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle). D’autres denrées agricoles pourront être concernées dans les prochaines années.

Parmi les exposants sénégalais, ivoiriens et maliens du 50ème Salon de l’Agriculture, certains se réjouissent déjà des opportunités offertes par cette nouveauté.

Valoriser l’oignon sénégalais

 Une table jaune, un tapis vert et rouge, le stand sénégalais tout en couleur, accueillait son Institut de recherches agricoles (l’ISRA). Le responsable de l’unité “Information et Valorisation” de l’organisme, Massamba Cissé, un panier de légumes à la main, vante les progrès que permettrait le label au niveau de la production locale de son pays : « Le produit sénégalais pourra être mieux valorisé et cela incitera l’Etat sénégalais à investir plus dans l’agriculture », avant d’ajouter l’air confiant : « Cette nouveauté profitera à la culture de l’oignon rouge sénégalais ; d’une couleur plus tendre mais avec un goût plus fort, en permettant, notamment, aux producteurs implantés dans les régions de Kébémer et de Saint-Louis, principaux cultivateurs, d’être moins exposés à la concurrence des autres pays africains qui exportent aussi le légume. Cela passera par une reconnaissance du l’oignon kébémerois et saint-louisiens comme étant un produit traditionnel unique ». Ce qui, à long terme, aidera lasixième métropole ouest-africaine à mieux exporter.

« Donner plus de poids à l’ananas ivoirien »

  A quelques pas de là, le stand ivoirien qui présentait ses fruits les plus suaves donne, par la voix du chargé d’étude au sein de son ministère de l’Agriculture, Mamadou Coulibaly, des arguments similaires : « l’IGP en plus de permettre d’exporter plus, pourra garantir la qualité des produits et mettre davantage en confiance le consommateur. Si ce dernier est rassuré, il pourra accepter de payer plus cher le produit et ainsi les petits producteurs auront une plus grande marge de bénéfices. Ce label sera aussi l’occasion de donner plus de poids à nos fruits, notamment notre ananas à la pulpe plus jaune et plus juteuse que les autres mais qui reste durement exposé à la concurrence des pays des Caraïbes et du Pacifique ».

Augmenter la qualité du coton malien

Wikimedia commons by David Nance http://goo.gl/Z5gvA

Plus sobre et moins exotique, l’espace malien étalait son savoir faire artisanal ; beurre de karité, confiture de papaye et jus de fruits faits maison d’un côté du stand et de l’autre, des objets de décoration sculptés sur bois et des tapisseries représentants la savane africaine. L’APCAM (l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali) était au rendez-vous pour répondre aux questions des visiteurs. Monsieur Tamboura El Hadji, Conseiller technique de l’organisme, affirme que dans la perspective du développement de labels internationaux comme l’IGP, son pays investit d’ores et déjà dans la production « bio-équitable » pour se démarquer de la concurrence. « Si nous prenons l’exemple de notre coton, ces dernières années, nous cherchons à augmenter sa qualité en bannissant, notamment, tout engrais chimiques. Les petits producteurs qui se chargent de la culture, développent tout un nouveau savoir-faire qui permettra d’augmenter la valeur ajoutée de notre coton », affirme l’homme.

Dans le sillon de tous ces pays, l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire pour lutter contre la pauvreté et la faim. En ce sens, un label reconnu internationalement devrait avoir pour conséquence, sur le long terme, de freiner l’importation de certaines denrées trop coûteuses. De l’espoir pour le développement de l’Afrique.

Sala Sall

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