Exposer au Salon de l’agriculture, un luxe

Le Salon de l’Agriculture, c’est un peu un air de campagne dans la capitale durant neuf jours. L’occasion pour les 700 000 visiteurs attendus de redécouvrir les terroirs français ainsi que les richesses du monde agricole. Mais participer au Salon nécessite un budget important. Des prix pas toujours abordables pour les petits exploitants.

C’est une question que les visiteurs ne se posent pas lorsqu’ils déambulent dans les allées bondées du Salon de l’Agriculture, mais qui n’est pourtant pas si superflue. Exposer au salon de l’agriculture n’est certes pas gratuit, mais qui paie, et combien ?

En effet, les exploitants et éleveurs ne sont pas tous sur le même pied d’égalité face à la dépense conséquente que représente une participation. Quand un agriculteur peut être présent sur le Salon pour promouvoir la qualité de ses produits, c’est qu’il en a les moyens, ou bien qu’il a la chance d’être aidé par une association, les collectivités territoriales ou les Chambres d’Agricultures.

Pas tous égaux

Pour Jean-Pierre Cahorel qui élève des vaches et des moutons à Avranches (Manche), le Salon de l’Agriculture ne représente pas un budget très conséquent puisque c’est la Chambre d’Agriculture de son département qui prend en charge son séjour. « Je ne paie de ma poche que l’hôtel et la nourriture », précise-t-il. Pour trois jours, l’hôtel ne lui coûtera que 200 euros, une somme qu’il dépense pour la première fois : « avant on dormait dans la paille pour être auprès des bêtes, mais avec le bruit et l’inconfort, c’était l’enfer. » C’est le cas d’autres éleveurs, qui sans l’aide de coopératives, ne pourraient pas payer le transport des bovins, l’entretien sur place ou même les enclos.

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L’Union Pour la Protection des Races (UPRA) considère qu’il est normal de payer l’ensemble des frais aux éleveurs qui y adhèrent. La directrice Tania Klein souligne que « ce n’est pas aux éleveurs d’assumer ce budget exorbitant, sans compter qu’il y a un manque à gagner quand ils ne sont pas à la ferme ».

Il faut compter environ 1000 euros par vache, entretien, nourriture, enclos et transports compris. Le coût consacré au Salon de l’agriculture de l’association s’élève à 20 000 euros. La région Champagne-Ardenne, elle non plus, ne lésine pas sur les moyens. Elle a loué pas moins de 350 mètres carrés pour la modique somme de 360 000 euros. 32 producteurs locaux se succèdent sur ces stands. Un nombre particulièrement élevé, car chacun des agriculteurs ne restent que 2 ou 3 jours. Selon Marie-Paule Carisio, l’attachée de presse à la région, fonctionner ainsi permet « d’assurer le plus de visibilité possible aux petits producteurs qui n’ont pas les ressources financières nécessaires pour se payer un séjour au Salon ».

« Environ 1000 euros le stand par jour »

Pour louer un stand de 9 mètres carrés comme celui-ci, comptez 10 000 euros.

Pour louer un stand de 9 mètres carrés comme celui-ci, comptez 10 000 euros.

D’autres sont beaucoup moins gâtés, et doivent assumer tout seuls, comme Vincent Bogaert, brasseur dans le Nord-Pas-de-Calais. Pour s’assurer une bonne visibilité, il loue un stand de 18 mètres carrés. Il explique que le tarif de base pour 9 mètres carrés est de 10 000 euros pour 9 jours. « On est donc sur un coût de 1000 euros le stand par jour ! Vous vous rendez compte ? », commente-t-il exaspéré. A cela, il faut aussi ajouter le prix de la structure du stand (120 euros), le prix du parking (250 euros), la restauration ou encore le concours général agricole. Le brasseur déplore un coût d’inscription qu’il juge « trop élevé », à peu près 150 euros par produit.

« On vient avant tout pour se faire plaisir »

Heureusement, le chiffre d’affaires effectué sur le Salon permet d’amortir en partie les coûts liés à la participation des exposants.  « En terme financier, on est plus perdants que gagnants à venir ici », admet Jean-Pierre Cahorel, l’éleveur de vaches et de moutons normand. Pour lui qui est habitué du Salon, un agriculteur vient avant tout « pour se faire plaisir, ou pour la reconnaissance personnelle de voir un de ses produits médaillé au Concours Général Agricole ». Le brasseur Vincent est aussi de cet avis. L’exposant le plus médaillé (au CGA) se rend au Salon pour « faire sa com’ ». « Grâce au Salon, j’ai eu droit à mon passage sur TF1, et à de bonnes retombées dans la presse locale. Une petite notoriété qu’il savoure, et qu’il a payé cher…

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