L’actu data-média de la semaine

Infographie : Google et l’évasion fiscale

Anaëlle Domitien

Télérama a décrypté la politique fiscale française de Google dans une infographie. Le magazine présente les différents paradis dont le géant numérique profite, de la France aux États-Unis en passant par les Bermudes. L’archipel qui sert de « boîte postale » permet à la firme de stocker ses 19,8 milliards d’euros non imposés dans l’attente d’une mesure favorable de la législation américaine permettant le rapatriement. Télérama montre ainsi étape par étape, la stratégie de Google pour contourner les taxes française et européenne.

L’hebdomadaire n’est pas le seul à relever ces « déclaration[s] de chiffres d’affaire ridicule ». Le Télégramme s’indigne et titre « Haro sur l’évasion fiscale »ZDNet rappelle que Google a été condamné par l’Inde à payer 13,8 millions de dollars pour évasion fiscale. Google n’est pas le seul adepte de ces pratiques d’optimisation fiscale : Apple, Facebook et Amazon qu’on regroupe sous l’acronyme GAFA, rappelle Arrêt sur image,  sont également « montrées du doigt pour leur propension à installer leur siège social en Irlande, où la taxation est plus douce ».

Data.gouv.fr, un an après

Vincent Manilève

Le portail open data français data.gouv.fr fêtera dans une semaine son premier anniversaire. Le blog « J’ai du bon data » du Monde fait un premier bilan du site, sensé ouvrir le plus possible les données de nos administrations. Le nouveau gouvernement s’est emparé du sujet et table actuellement sur « une feuille de route » pour la fin de l’année sur l’ouverture des données publiques gouvernementales.

Les pays anglo-saxons sont en avance sur le sujet. Ainsi, aux États-Unis, le Freedom of Information Act (FOIA) permet depuis 1966 à n’importe qui de formuler des demandes d’informations aux agences fédérales. L’Europe souffre de retard en la matière. Une directive européenne, en cours de réécriture, « réaffirmera un certain nombre de grands principes, notamment ceux de la gratuité des données et du droit à la réutilisation, étendant le périmètre à toutes les données publiques, et pas seulement à celles ayant déjà été publiées. »

Mais elle ne sera transcrite en droit français qu’en 2015. En attendant, le gouvernement a réaffirmé sa volonté de poursuivre la politique d’ouverture. Il a notamment décidé fin octobre de regrouper Etalab, la mission gouvernementale en charge de data.gouv.fr, et deux directions interministérielles (services d’information et communication et pour la modernisation de l’action publique) au sein d’une même institution : le Secrétariat général pour la modernisation de l’action publique (SGMAP).

Planetoscope : la planète d’un seul coup d’œil

Vincent Souchon

Lemonde.fr postait la semaine dernière « Chaque jour en France », une vidéo d’animation réalisée par Kévin Farfournoux et qui retrace en chiffres les événements qui se produisent au cours de 24 heures en France, à partir de données statistiques.

Cette vidéo amusante s’appuie sur les données issues de Planetoscope, un site membre du portail consoGlobe, qui regroupe des blogs promouvant l’écologie et la consommation responsable. Le Planetoscope recense des statistiques mondiales et locales issues de plus de 800 sources – telles que des ONG internationales ou des organismes gouvernementaux – dans le but d’offrir le regard le plus large possible sur la planète et l’humanité.

Économie, consommation, insolites… tous les sujets y passent et des compteurs statistiques vous montrent l’évolution des chiffres en temps réel. Si vous vous êtes toujours demandé combien d’e-mails circulent dans le monde en 24 heurescombien de lettres reçoit la reine d’Angleterre chaque année ou encore combien d’aller-retour ont fait les ascenseurs de New York depuis que vous avez entamé votre café, vous y trouverez votre bonheur, que vous soyez un simple curieux ou un datajournaliste.

UMP : la bataille se poursuit sur la fiche Wikipédia de Copé

Julie Desbois

La guerre pour la présidence de l’UMP a éclaté voilà dix jours et c’est LE sujet qui a obnubilé les médias. Qui a gagné ? Copé ? Fillon ? Aucun des deux ? Y-a-t-il eu fraudes ? Un second vote va-t-il être réorganisé ? On n’y comprend plus rien, et ça se voit sur Wikipédia, l’encyclopédie participative en ligne.

Ce lundi, Le Figaro.fr et Arrêt sur Images se sont penchés sur la page Wikipédia de Jean-François Copé, modifiée plus de cinquante fois en une semaine.

Première modification dimanche 18 novembre, jour de l’élection, à 23h47 : un internaute annonce la victoire de Copé. Aussitôt postée, aussitôt supprimée. Cette phrase sera effacée une minute plus tard. La question des fraudes est elle aussi source de litiges.

Il est tout de même inscrit qu’il exerce les fonctions de président de l’UMP depuis le 19 novembre avec la mention « actuellement contestée » en petites lettres.  Le dernier changement date du mardi 27 novembre à 18h38 : « Il est aujourd’hui le président de l’UMP après en avoir été le secrétaire général ».

Comme un grand nombre d’internautes s’informent avec Wikipedia, ce cas soulève le problème de l’objectivité de l’information et de sa vérification. En attendant le fin mot de l’histoire, la fiche de Jean-François Copé risque d’être en chantier encore un bon moment.

Patrick Cohen, l’homme le plus écouté du matin

Nassima Ouail

Patrick Cohen, présentateur du 7/9 sur France inter rassemble tous les jours près de 3,6 millions d’auditeurs. Alors que certains ne pensaient pas qu’il serait à la hauteur de Nicolas Demorand, il se montre plus persévérant et moins showman que son prédécesseur.

Le site du Nouvel Observateur retrace le portrait du journaliste, leader des matinales malgré un petit recul de 52 000 auditeurs en moyenne au profit de RTL. Bosseur, rigoureux, pudique et parfois autoritaire c’est ainsi qu’il est décrit. A 15 ans, Patrick Cohen voulait déjà être journaliste. Après son bac, il rate le concours d’entrée à Sciences Po. Mais après ses études de droit, il intégrera l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille. Il se spécialisera dans la radio naturellement du fait de ses parents qui l’écoutent beaucoup. Il aura également des expériences en tant qu’amateur dans la radio. Le futur animateur de la matinale multipliera ensuite les aventures professionnelles : à RFI et RFO pour des reportages, présentateur à France info, matinale sur RTL, journaux du soir sur Europe 1, la suite on la connaît.

Vers une redevance pour l’usage des données de transports publics ?

Florian Michel

C’est l’idée lancée par le GART (Groupement des autorités responsables de transport), qui souhaite que la monétisation des données d’information voyageur profite aux AOT (Autorités Organisatrice de Transports) en plus des « géants du web ». En effet, selon eux, si l’ouverture des données publiques a pris de plus en plus d’ampleur ces dernières années, l’utilisation à des fins commerciales des données pose de véritables questions. Le GART argue que les Autorités organisatrice de transports financent la mise à disposition des données. Des données qu’utilisent Google ou Apple gratuitement, et qui leurs permettent de gagner de l’argent par l’intermédiaire de la publicité.

Si l’instauration d’une taxe sur l’utilisation des contenus extérieurs est (très) discutée ailleurs, avec la lex Google, elle est ici difficile à envisager sur des données publiques. En revanche, il y a bien des pistes à explorer pour le site planet-opendata.org : payer des royalties aux réseaux de transport publics pour les développeurs qui souhaitent par exemple utiliser les éléments de marques, ou encore instaurer une tarification à l’usage pour les plus gros utilisateurs de ces données.

Facebook muscle sa stratégie publicitaire

Assia Labbas

Encore plus sous pression depuis son entrée en Bourse, Facebook a dû renforcer et affiner sa stratégie publicitaire pour monétiser son immense base de données utilisateurs, comme le détaille Damien Vincent, directeur commercial de Facebook France, dans une interview au Figaro sur ces évolutions. La publicité représente en effet 85% de son chiffre d’affaire.

Damien Vincent revient entre autres sur une nouvelle fonctionnalité, Custom Audiences, qui permet aux marques, avec l’accord des utilisateurs, d’envoyer des messages marketing en utilisant leurs données personnelles indiquées à Facebook, comme le numéro de téléphone. Alors que le réseau social est régulièrement montré du doigt pour sa politique en matières de données personnelles, Damien Vincent se veut rassurant : “Dans tous les cas, il n’y a aucun échange d’information avec les annonceurs. Les données sont envoyées à un intermédiaire qui crypte les informations et fait des recoupements anonymes.”

Le Big Data : nouvel outil pour l’université Columbia

Baptiste Piroja

L’université Columbia a pris conscience des opportunités que pouvaient offrir le Big data, l’analyse de grandes quantités de données. La ville de New York a levé 15 millions de dollars pour financer L’Institute for Data Science and Engineering (IDSE). Géré par des ingénieurs, le projet a pour finalité de « stimuler l’économie de la ville et de commercialiser les innovations qui pourraient voir le jour dans le nouvel institut ». Toutefois, les sciences appliquées ne seront pas les seules à en profiter puisque « les villes intelligentes, les nouveaux médias, le traitement analytique médical, le traitement analytique financier et la cybersécurité » bénéficieront de cet outil.

En effet, des professeurs de journalisme ont attiré l’attention en utilisant des programmes que l’on appelle data mining, l’exploration de données, dans le but de déchiffrer les schémas des discours électoraux. Quant aux professeurs en médecine, c’est à partir des données génétiques qu’ils pourraient aider la médecine à adapter les traitements médicaux. En quelques chiffres, la première étape de la création de l’Institut est prévue pour 2016, l’université a promis de lever au moins 80 millions de dollars dans le secteur privé. On s’attend à ce que l’université recrute 75 nouveaux professeurs et assistants d’ici 2030.

Les journalistes sportifs « promoteurs de spectacles »

Éline Ulysse

Acrimed vient de publier son débat sur «Journalistes de sport ou marchand du spectacle » ce lundi, organisé dans le cadre des « Jeudi d’Acrimed » en juin dernier. En s’interrogeant sur le traitement médiatique des activités sportives, l’Observatoire des Médias pose le doigt sur le diktat des grandes chaînes sportives qui imposent leurs règles sur la manière de commenter un produit sportif.

A l’heure où Canal + ou Be In Sports s’affrontent pour  les droits de retransmissions des grands évènements sportifs, les journalistes sportifs prennent la place de « promoteurs de spectacles ». Obéissant à des logiques de marché, où l’objectif est d’engranger de nouveaux abonnés, ces professionnels perdent le caractère critique dans l’exercice des commentaires des matchs sportifs. Ainsi, les rédactions se trouvent à la frontière poreuse entre le journalisme de sport et l’animateur de spectacles.

Bernard Tapie s’associe à la famille Hersant pour secourir le groupe Hersant

Sala Sall

L’homme d’affaire Bernard Tapie s’associerait avec le groupe Hersant Média pour faire une offre globale de reprise du groupe endetté, qui s’élèverait à 50 millions d’euros, afin de sauver les derniers titres restants, selon l’AFP. Annoncée lundi, l’opération devrait être finalisée dans les 15 jours à venir, selon une source citée par l’AFP comme proche du dossier.

Le principal acteur de la presse régionale française, dont la dette atteindrait 215 millions d’euros, a déjà dû céder ses titres du pôle Champagne-Ardenne-Picardie et Paris-Normandie. L’association avec Bernard Tapie lui permettrait de conserver ceux qui restent.

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